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Portraits de contrôleurs aériens

transavion

1- Depuis combien de temps exercez-vous la fonction de contrôleur ?
Virginie : Depuis 9 ans.
Rémy : Depuis 32 ans.

2 - Quelles ont été vos motivations ?
Virginie : L'attraction qu'exercent, sur moi, les avions et les voyages depuis mon enfance. A défaut de partir moi- même, je fais voyager les autres !
Rémy : pour embrasser une carrière plutôt scientifique et originale.

3 - Comment avez-vous eu connaissance de ce métier ?
Virginie : Une de mes amies s’était inscrite au concours d’élève pilote de ligne, j’ai vu une documentation sur les ICNA et le métier m’a paru intéressant.
Rémy : mon père était déjà contrôleur.

4 - Quels sont les 3 principaux points forts de votre métier ?
Virginie :
- le travail en équipe, les notions de solidarité et d’entraide.
- les responsabilités inhérentes à la profession et la satisfaction d’assurer la sécurité des passagers et des populations survolées.
- l’absence de routine, au niveau du contrôle et dans la vie quotidienne qui est décalée.
Rémy :
- les responsabilités liées au métier
- la vie d'équipe
- la fonction publique

5 - Quels sont les 3 principaux points faibles de votre métier ?
Virginie :
- le stress lié à la gestion de vies humaines et à l’obligation de réussite, quel que soit l’état de forme du jour. Pas le droit à l’erreur !
- ce même tour de service, qui ne permet pas à l’organisme de s’habituer à un certain rythme, génère de la fatigue, et ne facilite pas l’organisation de la vie privée !
- le contrôleur n’est que le maillon d’une chaîne.
Rémy :
- le stress,
- il n’y a pas de passerelles dans la fonction publique
- sclérosant

6 - Avez-vous suivi un autre cursus ou avez-vous eu une autre activité avant votre entrée à l’ENAC ?
Virginie : Non.
Rémy : J'ai préparé un Deug MP2 avant mon entrée à l'ENAC.

7 - Comment avez-vous perçu votre formation à l’ENAC ?
Virginie : J’ai trouvé la formation à l’ENAC complète et intéressante, particulièrement l’anglais et le stage en immersion, très utile. Le seul reproche que je lui ferai, est son côté parfois trop scolaire.
Rémy : La formation était centrée sur le travail en CRNA, à défaut du travail en tours.

8 - Depuis l’après-guerre, les moyens de contrôle n’ont fait qu’évoluer : table de plotting, règles, calcul…Auriez-vous pu vous travailler dans les mêmes conditions que vos prédécesseurs ?
Virginie :
J’ai du mal à me représenter les conditions de travail des générations précédentes. Le trafic est devenu tellement dense que travailler sans image radar semble inconcevable aujourd’hui. Etre contrôleur en l’an 2000 exige de la rapidité dans l’analyse d’une information radar et de la précision dans l’action en raison des normes de séparation maintenant réduites. J’imagine, qu’après-guerre, il fallait plutôt être doué en calcul mental et capable d’extrapolation.
Rémy :
Je pense pouvoir travailler comme les "anciens" avec leur trafic !

9 - Comment voyez-vous l’évolution de votre profession, d’un point de vue humain matériel et technique d’ici 2020 ?
Virginie :
Je pense que d’ici à 2020 nous assisterons à l’abandon du strip papier pour le stripping électronique, à l’implémentation d’outils interactifs. D’un point de vue humain, une plus grande sensibilisation du contrôleur aux risques liés aux facteurs humains semble voir le jour ainsi qu'une plus grande responsabilisation individuelle. Il est essentiel de continuer dans cette voie de prévention de l’erreur, tout en conservant l’individu au sein d’une équipe.
Rémy :
Sur le plan humain, l'évolution ira vers un stress croissant, avec une pression économique et juridique de plus en plus importantes.

10 - Quels seront, d’après vous, les nouveaux outils du contrôle de demain ?
Virginie :
Dans un contexte de réchauffement climatique et de diminution des ressources énergétiques, l’enjeu des prochaines décennies sera d’aboutir à des trajectoires plus directes et des temps de parcours réduits. L’intelligence artificielle viendra seconder le contrôleur. Elle ne pourra pas le remplacer dans la gestion en temps réel de paramètres nombreux et la capacité d’adaptation et d’anticipation nécessaire qui relèvent de l’intelligence humaine.
Rémy :
Le matériel évoluera certainement avec des images radars plus précises, dans les avions aussi.